La Jument et le Cheval sauvage

3. juil., 2016

Au sein d'un haras, vivait une jument, qui rêvait de liberté. Elle regardait souvent à l'horizon au delà des barrières de ce qu'elle considérait comme sa prison....

Puis un jour, alors qu'elle paissait dans le pré avec les autres chevaux, un cheval noir, sublime s'approcha. Elle était fascinée, il lui ressemblait mais était en même temps différent...

Et surtout, il était de l'autre coté de la barrière et venait de l'horizon dont elle rêvait...

Le cheval s'était approché d'elle, car elle aussi à sa façon était différente et il était fasciné. Elle ressemblait aux autres chevaux présent dans le pré, mais une étincelle brillait au fond de son regard. 

Ils ont commencés par s'observer, puis par communiquer dans leurs propres langage...il lui raconta qu'il venait depuis l'horizon et que par delà les champs, il existait bien plus que ce qu'elle ne pouvait voir, mais cet horizon bien qu'infini, réservait autant des belles découvertes et aventures, que des mauvaises surprises, des difficultés. Il lui expliqua qu'il était né de sa mère et son père, un couple de chevaux sauvages mais avait été fait prisonnier par des humains, puis enfermé dans un haras comme elle aujourd'hui pour devenir un cheval de course. Sa liberté lui avait manqué et il s'était enfui. Il n'était pas né domestiqué, et bien qu'il l'avait été, au fond de lui il restait un cheval sauvage....

Sa vie d'aujourd'hui était faite de grande chevauchées, crinières au vent, à découvrir la mer, les champs, les montagnes, les forêts, à jouer avec d'autres chevaux sauvages.

Mais bien que cette liberté était précieuse et enviable, il désespérait aussi parfois, quand l'hiver arrivait. Il devait marcher pendant des jours parfois pour trouver de l'herbe afin de se nourrir. Quelques brins d'herbes subsistaient sous la neige, ou sous la terre glacée et parfois il restait des jours sans manger, à chevaucher à la recherche de subsistance pour se nourrir. Ces journées là, le haras d'où il s'était enfui lui manquait, car il y était nourrit...

La jument quant à elle, lui raconta sa vie dans le haras. Elle y était née. Elle était nourrie, dormait sur une litière confortable de foin et de paille, était au chaud l'hiver mais elle devait travailler tous les jours et devait obéir aux hommes du haras et faire ce qu'ils lui demandaient sous peine d'être rappelée à l'ordre. Elle était montée par différents humains, qui la traitait comme un robot. Elle n'avait aucune liberté et si elle tentait de résister, la cravache ou les éperons dans les flans, lui rappelait qu'elle leurs appartenait et n'avait aucune liberté.

Bien qu'elle avait tout ce dont un cheval sauvage pouvait peut être désiré, elle rêvait de liberté, et de chevaucher crinière au vent par delà les contrées et découvrir les paysages derrière l'horizon qu'elle voyait depuis le pré.

Il avait chacun ce dont l'autre pouvait peut-être parfois rêver...

Pendant plusieurs jours, le cheval sauvage revenait voir la jument, ils discutaient...Lui, lui racontait tout ce qu'il avait vu, elle, lui racontait sa vie dans le haras avec les humains, ceux qui prenait soin d'elle, qui était bon et doux avec elle, et ceux qui la maltraitait quand ils la montaient...

Après quelques temps, le cheval sauvage bien que tenté par le confort dont la jument bénéficiait et qu'il avait connu, décida que patienter que l'hiver ne termine valait mieux que de vivre enfermé et ne plus partir à la découverte. Sa liberté était précieuse...
Quant à la jument, elle rêva un peu plus tous les jours de liberté...Oui, elle avait le confort et n'était pas "malheureuse" mais chacune des visites du cheval sauvage lui donnait envie de découvrir par elle-même les cointrées au-delà de l'horizon. Les histoires ne suffisaient plus. Alors un jour, elle décida de passer par dessus la barrière du pré et de suivre le cheval sauvage...

Ils partirent ensemble et parcourèrent de nombreux paysages, puis l'hiver arriva...

La faim lui tenaillait les entrailles, l'hiver était rude et la nourriture rare, elle regrettait d'être partie, elle regrettait le confort de son box, la chaleur du foin et de la paille, la nourriture qui venait à elle, mais elle s'accrocha car l'hiver passera...Le cheval sauvage lui avait promis...

Arrivé le printemps, son confort ne devint plus qu'un souvenir, la nourriture était abondante et fraiche. Elle continua de suivre le cheval sauvage et aima un peu plus chaque jour, chaque mois, chaque saison, chaque année, sa vie de liberté malgré les difficultés de l'hiver, il finissait toujours par passer. Ils ont ainsi continué leurs vies ensemble....

Le mot de la fin...

Cette jument née domestiquée, avait dépassée ses barrières pour partir à la découverte et y ayant pris goût, avec les années, concéda que quelques difficultés valaient moins que la liberté acquise. Elle était née domestiquée mais était devenue sauvage.

Quant au cheval sauvage, malgré le confort de la domestiquation, rien ne valait sa liberté. Il était né sauvage et resterait sauvage même si des humains avaient tentés de le domestiquer.

Chasser le naturel, il revient au galop...Etre pleinement soi-même est la plus belle des libertés...

Aurèle